La Joie de Donner, Chapter 2 (The Treasure Principle, Chapter 2)

By Randy Alcorn March 19, 2019

Chapitre 2

La joie

Moins je dépensais pour moi-même et plus je donnais aux autres, plus mon âme se remplissait de joie et de bénédiction. –Hudson Taylor

En 1990, j’étais le pasteur d’une grande église, je touchais un bon salaire et je percevais des droits d’auteur sur mes livres. J’exerçais mon ministère depuis treize ans, depuis la naissance de cette communauté. Je ne désirais aucun autre travail au monde.

Puis un événement s’est produit, qui a bouleversé la vie des membres de ma famille. J’étais membre du conseil d’administration d’un centre d’aide pour jeunes filles enceintes. Nous avons accueilli chez nous une adolescente enceinte pour la soutenir dans sa décision de donner son bébé à l’adoption. Nous avons aussi eu la joie de la voir venir à Christ.

J’éprouvais un fardeau de plus en plus pesant pour l’enfant à naître. Après avoir sondé les Écritures et beaucoup prié, j’ai commencé à participer à des actions pacifiques devant des cliniques d’avortement. En réaction, j’ai été arrêté et emprisonné. Une clinique d’avortement a gagné un procès intenté à l’encontre de plusieurs d’entre nous. J’ai dit au juge que j’étais prêt à me dépouiller, s’il le fallait, pour payer ma dette, mais que je ne pouvais pas me résoudre à donner de l’argent à des individus qui s’en serviraient pour tuer des bébés. (C’était une question de conscience. Comprenez-moi bien: j’ai toujours payé mes dettes et je ne recommande à personne de chercher à échapper à ses responsabilités.)

Puis j’ai découvert que mon église était sur le point de recevoir un ordre de saisie sur salaire, exigeant qu’elle verse un quart de ma rémunération à la clinique d’avortement. L’église allait devoir payer la clinique ou s’opposer à une injonction du tribunal. Pour empêcher cette mesure, j’ai démissionné.

J’avais déjà renoncé aux droits sur la vente de mes livres. La seule façon pour moi d’éviter la saisie sur salaire était de me contenter d’appointements minimums. Heureusement, notre famille pouvait vivre avec seulement une partie de ma rémunération pastorale et nous venions d’achever le remboursement de notre prêt bancaire pour notre maison. Nous n’avions donc plus aucune dette.

Une seconde décision de justice a été rendue au profit d’une autre clinique d’avortement. Bien que nos actions aient été non violentes, le juge a accordé au plaignant le plus gros dédommagement jamais imposé à un groupe de manifestants pacifiques: 8 millions d’euros. Cette fois, il paraissait probable que nous perdions notre maison. Selon toutes vraisemblances, et assurément selon les normes de ce monde, nos vies avaient pris une tournure dramatique. N’est-ce pas?

Pas du tout. Ces événements figurent parmi les meilleures choses qui nous sont jamais arrivées. Dieu a transformé en bien le mal désiré par d’autres (Genèse 50:20). Nous avons démarré un nouveau ministère. Grâce à son poste de secrétaire, ma femme Nanci pouvait compléter mon salaire minimum. Tous nos avoirs ont été placés à son nom, y compris notre maison. Je n’avais jamais rêvé de perdre la capacité de posséder légalement le moindre bien et je n’en étais pas fier, mais Dieu s’est servi de cette situation pour m’aider à comprendre ce qu’il entendait par «tout est à moi sous l’étendue des cieux» (Job 41:3).

Ce n’était pas la première fois que Dieu me sensibilisait à son droit de propriété. Plusieurs années auparavant, j’avais prêté un appareil stéréo portable au groupe de jeunes de l’église. Il m’avait été rendu endommagé et je dois reconnaître que cela m’avait beaucoup irrité. Mais le Seigneur m’a repris en me rappelant que ce matériel n’était pas le mien, mais le sien et qu’il avait été utilisé pour toucher des jeunes. Qui étais-je pour me plaindre de ce qui appartenait à Dieu?

À l’époque, les biens matériels les plus précieux à mes yeux étaient mes livres. Je dépensais beaucoup d’argent pour acheter de nombreux ouvrages de qualité. Des centaines d’ouvrages. Ces livres signifiaient beaucoup pour moi. Je les prêtais, mais j’étais furieux quand on ne me les rendait pas ou quand ils me revenaient écornés.

Puis j’ai senti que Dieu voulait m’amener à faire don de mes livres (tous mes livres!) pour créer une bibliothèque à l’église. Quand j’ai consulté la liste des emprunteurs, parfois plusieurs dizaines pour un seul livre, j’ai compris qu’en renonçant à mes biens, j’avais investi dans la vie d’autrui. Désormais, plus les livres étaient usés, plus j’étais heureux. Mon point de vue avait totalement changé.

Au début des années quatre-vingt-dix, Dieu s’est servi de ces condamnations en justice pour porter ma compréhension de son droit de propriété à un autre niveau encore. Les Écritures ont pris tout leur sens à mes yeux:

• La terre et ses richesses appartiennent à l’Éternel. L’univers est à lui avec ceux qui l’habitent (Psaumes 24:1).

• C’est à moi qu’appartiennent tout l’argent et tout l’or. Voilà ce que déclare le Seigneur des armées célestes (Aggée 2:8).

• Souviens-toi au contraire que c’est l’Éternel ton Dieu qui te donne la force de parvenir à la prospérité (Deutéronome 8:18).

• Vous ne vous appartenez donc pas à vous-mêmes. Car vous avez été rachetés à grand prix (1 Corinthiens 6:19-20).

Dieu m’a ainsi enseigné la première des six clés pour comprendre le principe du trésor: Dieu est à jamais le propriétaire de toutes choses, y compris les livres et les chaînes stéréo. Je suis, moi aussi, sa propriété. Dieu n’a jamais renoncé à son droit de propriété, il n’a jamais abandonné son droit de posséder tous les trésors de la terre. Il n’est pas mort en laissant la terre en héritage à qui que ce soit.

Principe du trésor – Clé n° 1

Dieu possède tout.

Je suis le gestionnaire de ses biens.

Il est très ironique de constater que j’avais abondamment écrit sur le sujet de la propriété divine dans l’un de mes livres. Un an à peine après sa publication, je ne possédais plus rien. Au cœur de l’adversité, Dieu m’enseignait les implications bouleversantes de cette vérité.

J’ai compris que notre maison appartenait à Dieu, et non à nous. Pourquoi s’inquiéter de savoir si nous la garderions puisqu’elle était à lui? Il n’était pas à court de ressources. Il pouvait facilement nous fournir un autre toit.

Mais ce n’était là que la première partie de la leçon. Si Dieu était le propriétaire de mes biens, j’en étais le gestionnaire. Je devais adopter une nouvelle mentalité de serviteur envers les biens qu’il m’avait confiés (et non donnés).

Un serviteur gère les biens dans l’intérêt de leur propriétaire. Il n’exerce aucun droit sur ces biens. Son travail consiste à déterminer ce que le propriétaire desire en faire, puis à exécuter sa volonté.

Donner avec joie

Jerry Craven possédait une chaîne de restaurants très rentables, deux banques, un ranch, une ferme et des sociétés immobilières. À l’âge de cinquante-neuf ans, il aspirait à la retraite et cherchait une maison douillette au bord d’un lac. Mais le divin Propriétaire avait d’autres projets.

«Dieu nous a amenés à investir notre argent et notre temps à l’étranger, raconte Jerry. C’était vraiment enthousiasmant. Au début, nous nous contentions de dons symboliques, mais aujourd’hui, nous versons d’importantes sommes d’argent aux missions et nous allons souvent en Inde».

Qu’est-ce qui a modifié l’attitude des Craven envers l’argent?

«Le fait d’avoir pris conscience du droit de propriété de Dieu, explique Jerry. Dès que nous avons compris que nous donnions l’argent de Dieu pour faire l’œuvre de Dieu, nous avons découvert une paix et une joie que nous n’avions jamais éprouvées lorsque nous pensions que cet argent était le nôtre!»

Un jour, un homme échevelé se précipita à cheval vers l’évangéliste anglais John Wesley (1703-1791) et lui annonça: «Monsieur Wesley, une chose terrible s’est produite! Votre maison vient d’être entièrement détruite par un incendie!»

Wesley médita la nouvelle, puis répondit calmement: «Non. La maison du Seigneur a été ravagée par les flammes. Voilà qui implique une responsabilité de moins pour moi».

La réaction de Wesley n’était pas du déni. Il s’agissait, au contraire, de la ferme expression de la réalité: Dieu est le propriétaire de toutes choses et nous ne sommes que ses gestionnaires.

Chaque fois que nous réagissons en propriétaires, un signal d’alarme devrait retentir. Nous devons penser en serviteurs, en gestionnaires de placement, toujours à la recherche du meilleur instrument pour investir l’argent du propriétaire. Au terme de notre mission, nous subirons l’évaluation de nos résultats: «Ne devons-nous pas tous comparaître devant le tribunal de Dieu? […] Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour luimême» (Romains 14:10, 12).

Notre nom figure sur le compte de Dieu. Nous jouissons d’un accès illimité à ses biens, un privilège qui donne lieu à bien des abus. En tant que gestionnaires de son argent, Dieu nous laisse le soin de déterminer notre propre salaire. Nous percevons les fonds nécessaires sur ses avoirs pour payer nos dépenses courantes. L’une de nos décisions spirituelles les plus essentielles consiste à déterminer le montant raisonnable dont nous avons besoin pour vivre. Quelle que soit cette somme (qui varie légitimement d’une personne à l’autre), nous ne devons pas amasser ou dépenser l’excédent. Après tout, cet argent lui appartient. Et il a son mot à dire sur la façon de l’investir.

Chaque printemps, ma femme et moi lisons des dizaines de lettres émanant de membres de notre église qui partent en voyage missionnaire durant l’été. Cette année, nous avons reçu quarante-cinq demandes officielles de prière et de contribution financière à l’un ou l’autre de ces projets. Lorsque ce moment de l’année arrive, je suis comme un enfant dans une confiserie, une confiserie aussi vaste que le monde, aussi vaste que le cœur de Dieu.

Pourquoi une telle excitation?

Parce que nous recevons ensuite des témoignages et des courriels. Nous sommes témoins de l’enthousiasme grandissant, des progrès spirituels et des priorités bouleversées dans la vie de tous ces gens. Nous sommes impliqués dans de nombreuses facettes de l’œuvre de Dieu autour du monde. Nous prions que ceux qui partent (et ceux vers qui ils vont) ne soient jamais plus les mêmes. Et nous y aurons contribué!

J’assistais dernièrement à une réunion de donateurs. Chacun autour de la table apportait son témoignage. Les mots «joie», «bonheur», «enthousiasme» et «merveilleux» étaient récurrents. Les sourires et les rires abondaient, ainsi que les larmes de joie. Un couple âgé a raconté que tous deux voyageaient constamment autour du monde en s’impliquant dans les ministères qu’ils soutenaient financièrement. Entre-temps, leur maison se délabre, mais ils disent: «Nos enfants ne cessent de nous répéter de réparer notre maison ou d’en acheter une nouvelle parce que nous pouvons nous le permettre. Mais nous leur répondons: “Pourquoi ferions-nous cela ? Ce n’est pas ce qui nous amuse le plus!”»

Ray Berryman, directeur d’une entreprise de services publics, a témoigné que lui et son épouse donnaient au moins la moitié de leurs revenus à l’œuvre de Dieu chaque année.

«La joie de donner vient du fait de servir Dieu de la façon à laquelle il m’a appelé et de constater que ce que je donne attire les gens vers Jésus», explique Ray. «Quelle joie de savoir que nous participons à l’évangélisation, à la formation, à l’aide et au soutien des plus nécessiteux! Je trouve cela merveilleux et source d’une grande satisfaction!»

Plus nous donnons, plus nous éprouvons de la joie à donner, et plus Dieu se réjouit en nous. Nos dons nous procurent de la joie, mais surtout, ils réjouissent Dieu.

«Dieu aime celui qui donne avec joie» (2 Corinthiens 9:7). Cela ne signifie pas pour autant que nous devrions uniquement donner quand nous ressentons de la joie. La joie accompagne et suit l’acte d’obéissance; elle ne le précède pas. N’attendez donc pas d’avoir l’envie de donner, sinon l’attente pourrait être longue! Donnez et voyez la joie que vous éprouvez.

Dieu se réjouit de notre empressement à faire un don. Il veut que nous trouvions la joie. Il nous commande même de nous réjouir (Philippiens 4:4). À quell commandement pourrait-on avoir plus de plaisir à nous soumettre que celui-ci? Toutefois, si nous ne donnons pas, nous nous privons de la source de joie que Dieu nous ordonne de rechercher!

Je connais un célibataire qui s’est donné à Jésus vers l’âge de vingt ans. Il a lu les Écritures et il en a été si bouleversé qu’il a décidé de vendre sa maison et de donner l’argent à Jésus. Toutefois, lorsqu’il a partagé son projet avec des croyants plus âgés dans son groupe d’étude biblique, une chose terrible s’est produite: ils l’en ont dissuadé.

S’il vous arrive de vouloir dissuader un jeune croyant (y compris votre propre enfant) de donner, retenez-vous. N’éteignez pas l’Esprit de Dieu et ne privez pas une personne de la joie présente et des récompenses futures de sa libéralité. Décidez plutôt d’observer et d’apprendre. Puis déposez les biens de Dieu sur la table et demandezlui de vous montrer à quoi il veut que vous renonciez.

Le tonnerre, la foudre et la grâce

L’apôtre Paul nous dit que les églises de Macédoine comprenaient la joie de la libéralité : «Elles ont été mises à l’épreuve par de multiples détresses, mais les croyants, animés d’une joie débordante et malgré leur extrême pauvreté, ont fait preuve d’une très grande générosité» (2 Corinthiens 8:2).

Comment combiner dans un seul verset les mots «multiples détresses», «joie débordante», «extreme pauvreté» et «grande générosité»? Donner n’est pas le luxe des riches, mais le privilège des pauvres. J’ai découvert que les chrétiens démunis n’éprouvent pas de plus grande joie que de donner.

Les Macédoniens refusaient de laisser des circonstances adverses les priver de cette joie: «Avec une vive insistance, ils nous ont demandé la faveur de prendre part à l’assistance destinée à ceux qui, à Jérusalem, appartiennent à Dieu» (v. 4). Ils ont dû insister, probablement parce que Paul et les autres leur disaient que leur pauvreté les exemptait de faire un don.

Ces premiers chrétiens étaient donc extrêmement pauvres, mais ils invoquèrent toutes les raisons possibles pour pouvoir donner. Ils les supplièrent d’avoir droit à ce privilège! Quel contraste avec nous, qui possédons tellement plus qu’eux, mais qui parvenons à trouver d’innombrables prétextes pour ne pas donner!

Il est humiliant de recevoir de la main d’une personne bien plus pauvre que nous. J’ai expérimenté ce sentiment lors de voyages missionnaires où les hôtes démunis servent leur meilleure nourriture à leurs invites américains et ce, avec un immense sourire. Le plaisir procuré par ce sacrifice n’est pas feint. Ils en sont vraiment heureux.

Lorsque le tabernacle a été construit, les Israélites étaient tellement remplis d’enthousiasme qu’il a fallu les «empêcher» de donner plus encore (Exode 36:5-7).  C’est exactement l’effet que produira la libéralité sur vous.

David considéra ce que son peuple et lui avaient donné à l’Éternel. Il s’en trouva humilié: «Car, qui donc suis-je, et qui donc est mon peuple pour avoir les moyens de t’offrir de tels dons? Tout cela vient de toi, et c’est de ta main même que nous avons reçu ce que nous te donnons» (1 Chroniques 29: 14).

Mon ami Dixie Fraley m’a confié: «C’est lorsque nous donnons que nous ressemblons le plus à Dieu». Gardez les yeux fixés sur Jésus suffisamment longtemps et vous apprendrez à donner davantage. Donnez suffisamment longtemps et vous ressemblerez davantage à Jésus.

Dans 2 Corinthiens 8:1, Paul dit: «Nous voulons vous faire connaître, frères, la grâce que Dieu a accordée aux églises de Macédoine». Comment la grâce de Dieu était-elle manifestée? Par leur choix de donner à des chrétiens dans le besoin. Au verset 6, Paul appelle le don des Macédoniens pour aider l’église de Jérusalem en difficulté une «œuvre de grâce» (Colombe). Le même mot grec est utilisé pour décrire la libéralité chrétienne et la grâce de Dieu.

La grâce du Christ définit, motive et met nos dons en perspective: «Car vous savez comment notre Seigneur Jésus-Christ a manifesté sa grâce envers nous: lui qui était riche, il s’est fait pauvre pour vous afin que par sa pauvreté vous soyez enrichis» (v. 9).

Notre libéralité est une réponse naturelle à la grâce de Dieu dans notre vie. Elle ne naît pas par altruism ou par philanthropie, mais bien de l’œuvre transformatrice du Christ en nous. La grâce de Jésus est l’impulsion; notre libéralité est la réaction. Nous donnons parce qu’il nous a donné le premier. Le plus grand passage de la Bible consacré à la libéralité ne se termine pas par «Félicitations pour votre générosité!», mais bien par «Béni soit Dieu pour son don incomparable!» (2 Corinthiens 9:15).

Comme le tonnerre suit la foudre, le don suit la grâce. Quand la grâce de Dieu nous touche, nous ne pouvons pas nous empêcher de réagir par la générosité. Comme les Macédoniens l’avaient bien compris, donner, c’est le trop-plein de la joie.

Autres avantages de la libéralité

Marc est avocat et il donne la moitié de son revenue chaque année.

«Ma quête d’argent m’avait éloigné de Dieu, explique-t-il. Mais depuis que je lui rends mes biens, tout a changé: le fait de donner m’a rapproché de Dieu plus que toute autre chose».

Dans le film Les chariots de feu, le champion olympique Éric Liddell dit: «Je crois que Dieu m’a créé dans un but précis…et quand je cours, je ressens son plaisir!» Ceux qui ont découvert le principe du trésor en témoignent: «Quand je donne, je ressens son plaisir!»

Il m’est arrivé de m’égarer et de perdre mes repères, puis un besoin se présente et Dieu m’amène à donner. Soudain, je me sens galvanisé d’énergie, de concentration et de joie. Je ressens le plaisir de Dieu.

Dieu a dit: «Je leur [les Lévites] donne pour possession la dîme que les Israélites prélèveront pour l’Éternel» (Nombres 18:24). Remarquez que le peuple donnait sa dîme à Dieu et non aux Lévites. Tout portait à croire que le peuple soutenait ses responsables spirituels mais, en réalité, il donnait son argent à Dieu et c’est Dieu qui consacrait ensuite ces fonds aux Lévites. Les chrétiens doivent aimer leur pasteur et le soutenir financièrement (Galates 6:6), mais d’abord et surtout, ils doivent donner à Dieu (2 Corinthiens 8:5). Avant toute autre chose, donner est un acte d’adoration.

La libéralité stimule notre relation avec Dieu. Elle ouvre notre main pour que nous puissions recevoir ce que Dieu a pour nous. En voyant l’effet qu’elle produit sur nous et sur les autres, nous desserrerons le poing plus promptement et plus largement lorsque la prochaine occasion de donner se présentera.

Dieu a dit: «Celui qui fait la sourde oreille quand le malheureux appelle à l’aide, appellera lui-même à l’aide sans obtenir de réponse» (Proverbes 21:13). Dans Ésaïe 58:6-10, Dieu affirme que son désir de répondre à nos prières est directement influencé par le fait que nous nous soucions ou non des affamés, des nécessiteux et des opprimés. Vous voulez donner de la puissance à votre vie de prière? Montrez-vous généreux!

Il a été dit de Josias: «Il faisait droit aux pauvres ainsi qu’aux malheureux, et s’en est bien trouvé. C’est par là que quelqu’un montre qu’il me connaît» (Jérémie 22:16). Se soucier des plus démunis est une attitude naturelle pour celui qui connaît Dieu. Une attitude qui nous rapproche de lui.

Un homme d’affaires m’a confié: «Lorsque je donne, je dis: “Je t’aime, Seigneur”». Paul a dit aux Corinthiens que leur don d’argent faisait « abonder des prières de reconnaissance envers Dieu» (2 Corinthiens 9:12).

Un autre avantage de la libéralité est la liberté. C’est une question de physique élémentaire. Plus la masse est grande, plus son emprise est puissante. Plus nous possédons de biens (plus leur masse totale est grande), plus ils exercent de l’emprise sur nous, nous immobilisant en orbite autour d’eux. Au bout du compte, comme un trou noir, ils nous aspirent vers eux.

La libéralité change tout. Elle nous libère de l’orbite de nos possessions matérielles. Nous échappons alors à leur gravité et nous entrons dans une nouvelle orbite autour de nos trésors célestes.

Malgré la condamnation de 8 millions d’euros prononcée il y a onze ans, nous n’avons jamais perdu notre maison. Alors que je recevais de ma mission un salaire minimum et que celle-ci restait propriétaire des livres que j’écrivais, les ventes ont soudainement explosé. Notre œuvre a ainsi pu verser environ 90% de ces droits d’auteur à des missions, des aides alimentaires d’urgence et des associations luttant pour le respect de la vie. Au cours des trois dernières années, par la grâce de Dieu, nous avons donné plus de 500 000 euros. Je me dis parfois que Dieu vend mes livres juste pour récolter les fonds nécessaires aux ministères chers à son cœur!

Je ne me couche pas le soir avec l’impression d’avoir «sacrifié» cet argent. Je m’endors heureux parce qu’il n’y a rien de tel que la joie de donner. Pour moi, la seule sensation comparable est le bonheur d’amener une personne à Jésus-Christ.

La libéralité apporte de la joie dans la vie. Elle donne une dimension éternelle à la plus ordinaire des journées. C’est l’une des raisons (parmi tant d’autres) pour lesquelles aucune somme d’argent ne pourrait me convaincre de cesser de donner.

Mais ce n’est pas tout… Aussi belle soit-elle, notre joie présente n’est pas le meilleur aspect du principe du trésor.

Photo by London Wood Co. on Unsplash

Randy Alcorn, founder of EPM

Randy Alcorn (@randyalcorn) is the author of fifty-some books and the founder and director of Eternal Perspective Ministries