Comment devrais-je aborder le Christ avec mes parents non sauvés d'une manière aimante mais convaincante? (How Should I Approach Unsaved Parents About Christ in a Loving but Convicting Way?)

By Randy Alcorn August 12, 2020

Un lecteur nous interpelle :

Mes deux parents sont de bonnes personnes, mais aucun d’eux n’a accepté Christ. De plus, ils sont sceptiques en ce qui concerne la religion organisée. Je sens que leur temps s'épuise rapidement et je sais que si je ne leur dis pas la vérité, personne ne le fera. Pouvez-vous me suggérer la meilleure manière d'aborder le Christ avec mes parents non sauvés d'une manière aimante mais convaincante?

Voici la réponse de Randy Alcorn :

Quand mon père s'est tourné vers Christ, nous pensions qu'il était aux portes de la mort, mais il a vécu quatre ans de plus. Dans un chapitre de mon livre "In Light of Eternity", je raconte l'histoire de sa conversion et ce que j'ai partagé avec lui de l'épître aux Romains. J'étais tenté de passer sous silence Romains 3 et sa forte déclaration de péché, mais je ne me suis pas tu et j'en suis si heureux. Le Saint-Esprit a parlé à mon père ce jour-là.

Je vous recommanderais de vous asseoir avec vos parents et de leur dire que vous les aimez, que vous appréciez tout ce qu'ils ont fait pour vous et que vous voulez être sûr qu'ils passent l'éternité avec vous.

Demandez-leur s'ils pensent qu'ils iront au Ciel et, si oui, sur quelle base s'appuient-ils pour le penser? Cela touche la racine du problème principal : Jésus est le seul moyen d'accéder au Ciel et rien de ce qu'ils ont fait ne peut leur permettre de le gagner. Au contraire, leur destination par défaut est l’enfer, ce que nous méritons tous, et non le paradis, que nous ne méritons pas.

Je leur dirais aussi que vous non plus n'êtes pas impressionné par la religion organisée, mais que c'est Jésus qui vous concerne et pas la religion.

Bien que cela puisse être gênant, vous serez toujours heureux de l'avoir fait, quelle que soit leur réponse.

 Je vais inclure ici l'histoire de la conversion de mon père à Christ :

J'ai été élevé dans une famille non chrétienne. Un an après que je sois devenu chrétien à l'âge de quinze ans, ma mère est venue au Seigneur. Par contre, de toutes les personnes résistantes à l'Évangile que je connaissait, mon père était le pire. Il m'avait dit de ne plus jamais lui parler de ces "trucs religieux". Je lui donnais tout de même des livres chrétiens et aussi mes propres livres, qui contiennent toujours l'Évangile, sachant que ces derniers étaient les seuls livres chrétiens qu'il lirait. ("Deadline" et "Dominion" contiennent des éléments que je voulais que mon père entende.)

Quand il avait l'âge de 84 ans, on lui a diagnostiqué un cancer en phase terminale. Le médecin a estimé qu'il ne lui restait que six mois à vivre. Un jour, j'ai reçu un appel provenant de chez lui. La voix angoissée, il a dit : "J'appelle pour dire au revoir. Je souffre de mon cancer, je sais que la fin approche. J'ai un fusil à la tête. Désolé de vous laisser toute cette saleté." Je connaissais assez mon père pour savoir qu'il n'avait jamais bluffé de sa vie. Je l'ai imploré de déposer l'arme et d'attendre que j'arrive.

J'ai sauté dans ma voiture et brûlé toutes les limites jusqu'à chez lui. J'ai frappé à la porte, pas de réponse. Je suis entré et, sur le sol, j'ai vu une carabine et une arme de poing. J'ai appelé mon père, tourné le coin vers sa chambre en retenant mon souffle de peur de ce que j'allais voir. À ce moment-là, il est sorti et m'a rentré dedans. Le cœur battant la chamade, je l'ai emmené à l'hôpital et ils ont programmé son opération pour le lendemain matin.

Je suis arrivé tôt, une heure avant la chirurgie. J'ai prié pour que, d'une manière ou d'une autre, dans sa douleur, sans issue facile, Dieu touche le cœur de mon père. J'ai ouvert ma Bible à l'épître aux Romains et lu quelques versets du chapitre trois. "Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu." Je savais que mon père s'était déjà senti insulté à l'idée d'être appelé pécheur, alors une partie de moi voulait dissimuler cela et passer rapidement de la mauvaise nouvelle à la bonne nouvelle. J'étais très tenté de minimiser la vérité de la dépravation humaine. Or, je me suis forcé à continuer à lire de plus en plus de versets concernant notre péché.

Je me suis dit que si j'aimais vraiment mon père, je devais lui dire toute la vérité. Si Dieu allait accomplir le miracle de la conversion, c'était son travail. Moi, je devais dire la vérité.

Finalement, nous avons atteint Romains 6 : "Car le salaire du péché, c'est la mort, mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur." Après être passé d'un verset à l'autre pendant une demi-heure, je l'ai regardé et lui ai demandé : "Papa, as-tu déjà confessé tes péchés et demandé à Jésus-Christ de te pardonner?" (Bien sûr, je connaissais la réponse.)

"Non ...", dit-il, puis il s'arrêta pour ce qui m'a semblé être un long moment. Alors même qu'il s'arrêtait, j'ai remercié le Seigneur de m'avoir donné cette opportunité de partager la vérité, même si j'étais certain que mon père n'accepterait pas Christ. Enfin, il a fini sa phrase : "... mais je crois qu'il est temps que je le fasse."

Décrire ce que j'ai ressenti à ce moment-là comme un "choc" serait le pire des euphémismes. Les prières que tant de monde, moi y compris, avaient adressé à Dieu s'étaient exaucées. Je n'arrivais pas à y croire. Mon père a prié à haute voix, il a confessé ses péchés et il a placé sa foi en Christ ce matin-là, juste avant qu'on l'emmène à la chirurgie. L'opération fut un succès.

Dans sa grâce, Dieu a accordé cinq années de vie supplémentaire à mon père (que dire du supposé "six mois" du médecin). Ma femme et mes filles ainsi que mon frère et moi étions à ses côtés lorsqu'il a quitté ce monde. J'ai hâte de le voir au paradis ainsi que ma mère et beaucoup de mes amis.

Mon argument est le suivant : de la pire manière au monde, une partie de moi-même voulait ignorer ou minimiser la vérité de la dépravation humaine. Pourtant, sans mauvaise nouvelle, il n'y a pas de bonne nouvelle. Celle-ci n'est pas nécessaire sans elle. Sans la vérité sur la sainteté de Dieu et la vérité sur notre péché, la grâce de Christ pour nous perd toute sa signification.

La pire chose que j'aurais pu faire à mon père était d'étouffer la puissance de la vérité de Dieu. Sans connaître cette vérité, on peut répéter une prière d'un livret évangélique, mais il est impossible de connaître la grâce de Dieu. Car la grâce n'est pas simplement de la gentillesse, c'est une réponse précise au péché. S'il n'y a pas de péché, il ne peut pas non plus y avoir de grâce.

L’autre erreur que j’aurais pu commettre est la suivante : croire que mon père a tourné le dos à la vérité si souvent que son Créateur l’a abandonné à son tour. J'aurais pu refuser la grâce de Dieu à mon père, en pensant que puisqu'il avait toujours été hostile auparavant, il était inutile de réessayer. (Cela aussi était une tentation.)

Retenir la grâce ou la vérité de Dieu est tout aussi faux que dévastateur. Je prie qu'en tant que chrétiens nous ne commettions jamais l'erreur de choisir entre la vérité et la grâce. Puissions-nous les offrir tous les deux à un monde qui a désespérément besoin de connaître Celui qui est plein de grâce et de vérité.

Translated by Étienne Sauvageau

Photo by John Moeses Bauan on Unsplash


How Should I Approach My Unsaved Parents About Christ in a Loving But Convicting Manner?

 

Question from a reader:

While both of my parents are good people, neither of them has accepted Christ, and they are skeptical about organized religion.  I feel they’re running out of time, and I know if I don't tell them the truth, no one will. Can you suggest how I could best approach my unsaved parents about Christ in a loving but convicting manner?

Answer from Randy Alcorn:

We thought my dad was close to death when he came to Christ, but he lived another four years. I tell the story of his conversion, and what I shared with him from Romans, in a chapter in my book In Light of Eternity. I was tempted to hold back on Romans 3 and its strong affirmation of sin, but I didn’t hold back, and I was so glad. The Holy Spirit spoke to my dad that day.

I would recommend you sit down with your parents and tell them you love them, you appreciate all they’ve done for you, and you want to be sure they spend eternity with you.

Ask them if they think they’ll go to Heaven, and if so, on what basis? This will cut to the core of the main issue—that Jesus is the only way to Heaven, and nothing they’ve done can earn them the way. On the contrary, their default destination is hell, which we all deserve, not Heaven, which we don’t deserve.

I would also tell them you’re not impressed with organized religion either, and it’s about Jesus, not religion.

While it may be awkward, you will always be glad you did this, no matter how they respond.

I’ll include here the story of my dad coming to Christ (from Truth and Grace in an Age of Lies):


I was raised in a nonchristian home. A year after I became a Christian at age fifteen, my mom came to the Lord. But my father was the most resistant person to the gospel I've ever known. He had told me never to talk to him about that "religious stuff" again. I'd still give him Christian books and give him my own books, which always have the gospel in them, knowing my books were the only Christian books he'd read. (Deadline and Dominion both contain things I wanted my Dad to hear.)
     At age 84, Dad was diagnosed as having terminal cancer. The doctor estimated he had six months to live. One day I got a call from him, from his home in Vancouver, Washington. He sounded very distressed and he said, "I've called to say good-bye. I'm in pain from the cancer-I know the end's coming. I've got a gun to my head. Sorry to leave you a mess." I knew my Dad well enough to know he had never bluffed in his life. I begged him to put down the gun and to hold on till I got there.
     I jumped in the car, made the thirty-minute drive in twenty. I knocked on the door, no answer. I walked in, and on the floor I saw a rifle and a handgun. I called out for my father, turned the corner into his room and held my breath for what I was about to see. Right then he walked out and bumped into me. Heart pounding, I took him to the hospital, and they scheduled surgery for the next morning.
     I came in early, an hour before surgery. I prayed that somehow, in his pain, with no easy way out, God would break through to my father. I opened to Romans and read some verses from chapter three. "All have sinned and fall short of the glory of God." I knew my father had been offended at the idea of being called a sinner, so part of me wanted to gloss over this and move quickly past the bad news to the good news. I was greatly tempted to underemphasize the truth of human depravity. But I forced myself to keep reading verse after verse talking about our sin.
     I told myself, if I really loved my dad I had to tell him the whole truth, and if God was going to do the miracle of conversion, that was his job, and it was mine just to tell the truth.
     Finally we made it to Romans 6, "The wages of sin is death, but the gift of God is eternal life through Jesus Christ our Lord." After half an hour of going from verse to verse, I looked at him and asked, "Dad, have you ever confessed your sins and asked Jesus Christ to forgive you?" (Of course, I knew the answer.)
     "No...," he said, then paused for what seemed a long time. Even as he paused I thanked the Lord for giving me this opportunity, and helping me to share the truth, even though I was sure Dad wouldn't accept Christ. Finally he finished his sentence: "...but I think it's about time I did."
     To say I was shocked is the ultimate understatement. What I and many others had prayed for all those years was being answered, and I couldn't believe it. My father prayed aloud, confessed his sins and placed his faith in Christ that morning, just before they wheeled him into surgery. The surgery was successful.
     God graciously gave me five more years with my dad (so much for the doctor's "six months to live"). My wife and daughters and brother and I were with him when he left this world for the next. I can't wait to see him and my mom and many of my friends in heaven.
     My point is this: part of me wanted in the world's worst way to skim over or minimize the truth of human depravity. Yet without the bad news, there is no good news—the good news is unnecessary without it. Without the truth of God's holiness and the truth of our sin, the grace of Christ on our behalf becomes meaningless or irrelevant.
     The worst thing I could have done to my father was to hold back the full power of God's truth. Without knowing that truth, it is possible to repeat a prayer from a gospel booklet, but it is impossible to experience the grace of God. For grace is not simply kindness, it is a specific response to sin. If there is no knowledge of sin, there can be no experience of grace.
     The other mistake I could have made was this—believing that Dad had turned his back on the truth for so many years that his Creator had given up on him. I could have withheld God's grace from my father, reasoning that when I'd shared it before he had always been hostile, and there was no point in doing it again. (That too had been a temptation.)
     To withhold God's grace or God's truth is equally wrong and equally devastating. May we as Christians never make the mistake of choosing between truth and grace. May we eagerly offer them both to a world that so desperately needs to know the One who is full of grace and truth.
Randy Alcorn, founder of EPM

Randy Alcorn (@randyalcorn) is the author of fifty-some books and the founder and director of Eternal Perspective Ministries